CATASTROPHE DANS L’ULTRA-VIOLET
Une pièce tragi-comique
Tome 1 : 27-28 octobre 2024
Tome 2 : 14-15 janvier 2025
À Jane Fonda
Primus Inter Pares
&
A ma chère Tara
Deo Gratias
AVERTISSEMENT DE
L’AUTEUR
Ceux ou celles qui voudraient voir dans cette pièce une œuvre
autre qu’une pochade, une sorte de défoulement intellectuel d’un auteur
considéré comme un très sérieux historien des sciences et des techniques, se
trompent.
Une « pochade », selon la définition du Dictionnaire
du Français contemporain (Larousse 1966) est « une œuvre littéraire
sans prétention et amusante, écrite rapidement » (dans mon cas, entre les
26 et 28 octobre 2024 puis entre les 14 et 15 janvier 2025).
Si je me moque du monde, à l’instar de ma petite copine
Zazie, c’est parce que c’est son culot et son invraisemblable franchise qui me
fascine et qui m’inspire.
Je renvoie donc le lecteur au roman du génial Raymond Queneau
(« Zazie dans le métro ») et au film du non moins génial Louis Malle
(lui aussi intitulé « Zazie dans le métro »). J’’ai largement été
inspiré par leur style délirant. Et je n’oublie pas de saluer ici la
performance formidable de Catherine Demongeau qui joue Zazie à la
perfection.
Michel Rival
« Les choses dont il y a vision, audition,
expérience, ce sont elles que je préfère. »
Héraclite
TOME 1
Chapitre 1
Où
Zazie sème la zizanie dans la physique quantique
ZAZIE : C’est quoi ça ? Kekséko ? Cette
histoire de catastrophe ? Ca a l’air complètement débile.
GABRIEL : dorénavant,
Zazie sera nommée Z et Toton Gabriel, G
G, donc : C’est un truc drôlement sérieux. En fait,
c’est comme ça qu’on a trouvé la physique quantique, ma p’tite Zazie. C’est un
type nommé Max Planck qui a découvert en 1900 qu’y yavait un problème
catastrophique dans un corps noir (type four à pain) où, quand on passe du bleu
profond à l’ultra-violet, eh bien, plus rien ne marche. Le rayonnement, il est
plus linéaire, il est discontinu. Et Planck comprend alors que, dans
l’ultra-violet, l’énergie se transmet par paquets qu’il nomme quanta (quantités
discrètes. « Discrètes », en physique, signifie « discontinues,
séparées »). C’est ça le point de départ de la physique quantique. C’est
plus du tout classique.
Z. : Ouais : Enfin, c’est bien c’que j’disais, un
truc complètement débile.
G : Zazie ! J’te permets pas ! Planck a eu
comme élève un certain Albert Einstein qui lui a emboité le pas en développant
la théorie du «photon » (particule de lumière) et qui a, en sus, inventé
la (toute relative) relativité, à partir de quoi on n’y comprend plus rien. Et,
Einstein, à partir de ça, il a fait une carrière absolument phénoménale,
précisément pas c’que personne ne comprenait absolument rien à c’qui disait.
Même le mec qu’a la chaire de physique théorique à Harvard, un certain Gerald
H ; Eh bien , lui-même n’y comprenait rien (et c’est certainement pour ça
qu’il a la chaire de physique théorique à Harvard). J’ai eu un échange épistolaire avec lui et il
m’a reproché d’avoir compris la célèbre théorie de la (toute relative)
relativité. On s’est engueulés et c’est pour ça qu’on s’écrit plus. Tu
vois, Zazie, à quel point je suis
pointu.
Z : Pointé ? Mon cul ! Tu dis toi-même que
tout c’que tu racontes, c’est complètement relatif ! Alors, viens pas me
bassiner avec ta théorie théoricienne sur la (toute relative) relativité.
G : Zazie, tu n’es qu’une toute petite gamine, tu ne
peux pas utiliser un langage aussi...aussi…grossier.
Z : Okay. OK Tonton. On peut passer à autre chose
maintenant ?
G. : Cool, Zazie. Tu vois quand tu veux, tu deviens
complètement raisonnable.
Z. : Raisonnable ? Mon cul ! Pas c’que t’es
complètement raisonnable, toi ? T’es un gros abruti ; voilà c’que
t’es !
G. : Zazie !!!
Apparition d’un nouveau personnage au
coeur du drame qui se joue entre Z. et G. : le Perroquet, dénommé à
présent P.
P. : Gabriel ! Tu causes, tu causes, c’est tout
c’que tu sais faire !
G : Mais d quoi tu t’mêles, P ? On t’a pas demandé
l’heure qu’il est !
P. : Au quatrième top, il sera 18 heures, 18 minutes et
20 secondes.
G. : Bon, ça va, P, t‘as vidé ton sac. Arrête de nous
gonfler. D’ailleurs, il va bientôt être l’heure de diner. Marcelline, ma douce
et tendre, revient de faire les courses ;
Z : Qu’est c’qui ya à becqueter ce soir ?
G. : Du boeuf ficelle, des rognons avec des épluchures
d’oignons et des marshmellows ?
Z. : Ouah ! Dégueulasse !
G. : Zazie, si tu continues, t’iras au lit sans
dîner !
Z. : Tant pis ! De toutes façons, j’voulais pas du
bœuf ficelle. J’voulais d’la choucroute.
G. : Ca s’ra pas pour ce soir.
Acte 2
« La toute relative relativité »
Où Zazie remet les pendules à l’heure
Z. : Tonton, tu m’as bien r’gardée ? Tu crois que
j’vais marcher dans un truc aussi débile que la relative relativité, avec un
temps qui se dilate et des longueurs qui se contractent ? Le non-sens le
plus absolu de toute l’histoire de la physique…
Et d’abord, qu’est c’qu’il a à généraliser sa
relativité ? J’vois pas pourquoi il faut généraliser à tout prix.
D’ailleurs, son bisaïeul, un certain Isaac qui en fait des tonnes (c’est pour
ça qu’il s’appelle Isaac Newtonne), lui aussi, il lui faut sa contraction
grave, qu’il dit qu’c’est une grave contraction gravitationnelle et qu’il
précise qu’c’est un truc universel. Il a une soucoupe volante et il est allé
voir c’qui s’passe à 15 millions d’années-lumière ???
Non. Eh ben, j’vois pas pourquoi il
raconte que la pomme qui lui est tombé sur le coin du râble, c’est un truc
universel. A mon avis, Isaac en fait vraiment des tonnes et ça doit étonner
personne s’il et « universellement » célèbre. Un gros paumé ;
voilà s’qu’il est !
Goethe, lui-même, ne pouvait pas le
blairer !
G. : Zazie ! ça dépasse les bornes c’que tu dis (Et
là chuipas en train de parler du Jeu des Mille Bornes ; un jeu vachement
noble qu’a fait éviter des tas d’accidents d’bagnoles). Chus en train d’parler
d’un mec vachement noble qu’a été récompensé pour sa vachement célèbre
contraction gravitationnelle d’un poste de contrôleur du fric
(Euh !Non ! du Fisc) pour la couronne Brit ; grâce à quoi il est
d’venu vachement riche pendant qu’les autres crevaient d’faim. Même Oscar le
Sauvage – j’veux dire Oscar Wild, est complètement outré par cette histoire
d’contrôleur du fric qui rend vachement riche pendant qu’les autres crèvent de
faim ; c’est te dire ; et Oscar Wild, il est pas complètement ouf.
Z. : Ouais, mais ont dit aussi qu’il était hormosessuel.
Ca veut dire quoi, Tonton, hormosessuel ?
G. : Eh bien Zazie, c’est un p’tit peu compliqué à
expliquer, surtout qu’t’es rien qu’une p’tite gamine (même si t’es
particulièrement grave).
Z. : Ouais. Ben, ça répond pas à ma question.
G. ; C’était quoi ta question, au départ ?
Z. : Ben tu d‘vais m’esspliquer c’que c’est
l’homosessualité.
G. : Ouais, ben, Zazie comme
j’t’ai dit au départ, c’est un truc un peu difficile à esspliquer à une petite
gamine particulièrement grave ; mais j’vais essayer.
Tu vois : j’ai un peu étudié la
physiologie humaine et y s’touve qu’on a tous des hormos – et les hormosessuels
plus que d’autres ; mais dans l’mauvais sens. Dans l’Antiquité, y avait un
peuple de Scythes, les Enarées, (dont parle Herodotus dans ses
« Histoires » livre 1, page 105) qui pratiquaient
l’hormosessualité, ç’ta dire qui préféraient les mecs aux nanas – et Enarées en
Scythique, ça veut dire « Hommes-Femmes ». C’est clair
maintenant ?
Z. : Ouais. A peu près.
Interlude et apparition de l’auteur
de ce texte absolument renversant, un certain MR
MR. : J’commence à être un peu fatigué de cette
histoire. J’ai écrit une demi-douzaine de pages et on est encore en 1905. Y
faut qu’jarrive à 2024. Je sais que j’ai une force de frappe phénoménale, mais
ch’sais pas si j’vais pouvoir tenir la distance. Bon. J’vais essayer.
Fin de l’interlude et retour au
chapitre sur la (toute relative) relativité.
MR. : Zazie ! T’as pas l’droit d’parler d’ces gens
comme tu l’fais. D’ailleurs, tous ces mecs (Tiens ! Ya pas de nanas, à
part Marie C et Irène J-D) ont reçu pour leur noble action un prix offert par
le roi de la dynamite et des armes de destruction massive – un certain Alfred
le Noble – un prix de Nobélisation.
Tous : Max, Albert (mais ni Newtonne, ni P, ni G, ni Zazie, ni même
MR ne l’ont reçu) ; pas’que d’une part ça n’existait pas à leur époque (et
c’est vrai pour Newtonne) ou alors pas’que zétaient pas assez crétins pour
l‘accepter.
Autant Nobéliser l’Abbé Pierre
post-mortem !
Acte 3
Où Dieu se met à jouer aux dés
(Et cela sans tenir compte de l’avis
des joueurs professionnels qui le mettent en garde contre les dés pipés. Mais
Lui, Il est Tout Puissant et Il s’en fout. Il n’a pas particulièrement besoin
de tout le fric qu’Il a amassé à Rome après la chute de l’Empire Romanesque.
Bref, Il s’en fout.)
Dieu ne parle pas et on ne lui parle
pas non plus, pas’que ça s’rait d’la dernière insolence. Toutefois, dans ce
troisième acte, y a une case pour Lui, au cas où Il voudrait intervenir. Une
case nommée D. On verra bien c’ qu’Il
voudra en faire.
Pour le moment, retrouvons Zazie,
Tonton Gabriel, le Perroquet (symbole de savoir) et la douce et tendre
Marcelline, désormais nommée M. (à ne pas confondre avec le phénoménal auteur
de cet ouvrage, un certain MR. Qui n’intervient que quand il en a ras-le-bol de
toute cette chienlit, comme le dit le grand échalas qui se prend pour le
propriétaire de la Gaule – un nommé De « Gaule » – qui est un cousin
par alliance de Tonton Gabriel. Point à la ligne. Fermez les guillemets.
Reprenons.
Z. : Bon. On va pas commencer à
parler du cousin par alliance – le Gauliste. On reprend le cours de notre
conversation. Et j’te signale au passage, G , qu’t’as toujours pas complètement
esspliqué le sens profond de l’hormosessualité. Tu détournes constamment
l’essplication de manière fourbe et sournoise ; et ça, c’est pas
asseptable. Me prends
pas pour une idiote et vide ton sac.
G. : Escuses, Zazie, j’étais
plongé dans un abîme de perplexité au sujet de Max, Albert et même d’Isaac –
qui sévissait à l’époque où y avait pas la SNCF (Société Nationale des
Contribuables français) et où on servait
des sandwiches au jambon – ledit jambon étant mince comme du papier à
cigarettes ; cigarette qui n’existait pas à l’époque d’Isaac, ce qui lui a
permis d’éviter de remplir ses poumons de goudron et de mourir couvert
d’or : qui lui sert plus à rien d’ailleurs. J’ai regardé dans mes notes et
j’ai compris que c’est un certain Ploutos, Dieu des Enfers et richissime
ploutocrate, qu’a raflé la mise. Ca lui sert vachement pas’que sa femme,
Perséphone, a des goûts de luxe vraiment dingues. Pire que
Jacqueline-Bouvier-Kennedy-Onassis – Jacky pour les intimes ?
D. (Dieu, pour rappel) : Hmm, c’est pas faux tout ça.
G. : Merci, mon Dieu.
D. ; De rien. Si ça peut rendre
service.
G. : J’ai perdu l’fil, Zazie,
qu’esse tu voulais savoir au juste ?
Z. : Ben toujours la même chose – et cherche pas
à te défiler cette fois.
Donc, c’est
quoi ezactement l’hormosessualité ? Pour les hormos, j’ai pigé. Mais pour
le reste, la sessualité, t’es pas clair.
G. : Chuis pas clair pas’que c’est compliqué.
Mais y a un mec nommé Sigmund Fraude qui
semble avoir trouvé l’essplication. Il dit que les gamins et les gamines, même à
partir de 3 ans, ont la sessualité dans la peau. C’est du style : « Montre-moi la
tienne ; j’te montrerai la mienne ». C’est assez innocent au départ,
puis ça s’complique. C’est pour ça qu’cest compliqué, comme j’tai dis au
départ. Passée l’adolescence, en route
vers l’âge adulte, les garçons et les filles en viennent aux mains et font du
corps à corps (pour faire simple). Et là, parfois, si on a du pot, on trouve
que c’est pas si mal c’qu’on fait (du corps à corps). Donc on s’marie par
consentement mutuel. Maintenant, si elle
(ta femme) repère qu’tu regardes le Q d’une autre fille, elle a beau être douce
et mignonne, elle te flanque une de ces baffes ! T’en reviens pas et je
l’sais pas’que ça m’est arrivé une fois, ezactement comme dans la chanson de
Nougaro ; où il a raconté qu’il avait fait ça à sa femme et, qu’après, il
avait dû compter ses abattis. Maintenant, ça va beaucoup mieux. Y sait
conjuguer la vie conjugale. Et, en plus,
c’est un pote. On habite dans deux villes voisines, lui à Toulouse, moi à Pau.
Et j’en suis très fier, pas’que notre roi Henry the Fourth (Henri IV en bref),
il est vachement courageux et il insiste pour que les gens ils aient de la
poule au pot tous les dimanches. Personnellement, j’ préfères le
poulet-frites ; mais je souscris à l’idée d’Henry the Fourth pas’que la
poule au pot c’est bien chaud et ça passe bien.
Z. : Bien. Mais me fais pas le coup d’la
gastronommie. Mon père était comme ça. C’était un spécialiste de la
gastronomie. Il a fait ça toute sa vie et, curieusement, il bouffait comme un
chancre et pourtant il a jamais grossi, même s’il allait dans les restos quatre
ou cinq étoiles, et même en bouffant de la cuisine nouvelle dégueu.
Mon frère, qui donne lui aussi dans la gastronomie,
par intermittence, m’a invité une fois chez Roblochon (un trois étoiles au
Guide Michelin) et, là, ils étaient indignés pas’que j’ voulais une entrecôte bien saignante et
ils voulaient à tout prix m’empêcher d’en prendre une ; puis, finalement,
ils ont cédé et j’ai pu avoir une belle entrecôte, 300 grammes ;et j’ai
tout bouffé, même le petit bout de gras, et c’était génial. La même chose est
arrivée, une autre fois, et c’était quand l’éditeur Flamm a publié ma
biographie d’Oppenheimer, rebaptisé (je ne sais pourquoi) « Oppie ».
Je parlerai d’Oppie plus loin, mais je précise tout de suite que je ne vote pas
Oppie. Je vote Snoopy et j’exige d’avoir 2 ou 3 tee-shirts envoyés par John, un
vieux pote des vieux jours, sur lesquels sera inscrit « Snoopy for
President ».
Bien. Dans la foulée du premier resto, « Chez
Roblochon », on m’a fait un nouveau coup pendable. Mon éditeur et moi
sommes allés dans un autre resto avec un patron totalement sadique. J’voulais
un somptueux dessert bourré de glace vanille, de pépites de chocolat, de crème
anglais et de rhum – et le boss voulait absolument qu’on prenne son dessert
minable avec deux boules de vanille et un filet de chocolat liquide. On a failli en venir aux mains mais, finalement,
il a été obligé de me donner mon dessert, car le client est roi, rappelle-toi
bien d’ça, mon vieux G.
G. : Dis donc, Zazie, t’es une dure à cuire.
Z. : Pas du tout, Tonton. J’ai pas d’mandé une
entrecôte cuite à point chez Roblohon. J’lai demandée saignante, pas dure à
cuire.
G. : T’es drôlement bien dans tes
baskets, Zazie. Tu devrais avoir la médaille d’or du civisme.
Z. : La médaille d’or du civisme ? Mon cul,
ouais ! On devrait me donner la
médaille d’or du contre-emmerdements (Euh… J’voulais dire du
contre-espionnage). J’veux buter tous les restaurateurs véreux et, avant, les
faire chier jusqu’au bout en exigeant des cheeseburgers bien gras et du
lait-fraise à volonté ; sans oublier les frites-ketchup-mayo, bien
grasses, elles aussi et du café glacé hyper sucré. Et ils filèrent la note à
mon frère, qui ne règle jamais ses
comptes. Et, comme ça, ils l’auront dans le babaorum. Point.
A la ligne. Fermez les
guillemets. Je salue ici l’attitude digne et ferme de mon frère.
Vous en êtes où, Monsieur, de vot’
jeu de dés ?
D. Chuis en train de faire sauter la
banque, ma p’tite Zazie.
Z. ; J’aurai une part ?
D. : Non.
Chapitre 2
Où
Dieu perd son aptitude au jeu et se remet au boulot
N’oublions pas qu’Il a 7 à 8 milliards
d’humains à gérer et qu’Il est complètement crevé.
Il a besoin de toute l’aide qu’on peut Lui
donner.
ACTE 1
Un acte de désespoir
MR. : Alors, ça c’est Max
Planck qui le dit. Il est, comme je l’ai dit avant, totalement désespéré de
devoir abandonner la physique classique en 1900 à cause du malheureux résultat
produit par le « rayonnement du corps noir (le Four) dans l’ultra-violet ».
Et Einstein est sensiblement dans le même état lamentable. Sa théorie du photon
en 1905, c’est un truc qui l’afflige puisque ça implique, qu’il le veuille ou
non, la validité de la physique quantique et de l’un de ses principaux tenants,
la « dualité onde-particule » ; où la vitesse et/ou la position
des particules est parfaitement aléatoire, donc probabiliste- totalement le
contraire d’un phénomène classique.
Alors là, c’en est trop pour
Albert qui, à partir de cet instant, va nier l’évidence, à savoir la validité
de la physique quantique, de sa physique quantique et de tout ce qu’elle
permet de découvrir.
Donc, les deux mecs responsables
de la désespérante réalité de la physique quantique (Planck et Einstein)
s’accrochent désespérément aux branches, tellement les conséquences de leurs
théories sont (désespérément) révolutionnaires. Ce qui m’a fait marrer, moi,
MR, c’est le titre de l’article d’un journaliste anglais, parlant
d’Einstein : « Le dernier physicien classique» ( !)
Pendant ce temps-là, tout le monde
pense qu’Einstein est un physicien révolutionnaire alors qu’il est
(désespérément) conservateur. On nage en plein délire, alors que tout le monde,
une fois encore, pense que la physique est un truc totalement cohérent.
Mais, repartons en avant. Nous
sommes le 27 octobre 1924, en pleine confusion (comme l’était Planck en 1900),
car c’est le jour de l’année où l’on recule d’une heure et ça, c’est déjà
problématique : le 28 octobre, comble de malheur, ma montre s’est arrêtée.
J’voulais voir un film à l’ UGC Châtelet Les Halles, un film intitulé
« Challenger », un film de boxe où l’acteur principal en prend plein
la gueule (c’est ça qu’est sympa). Mais, enfin, il est payé pour ça, comme je
l’dis à un couple de petits jeunes derrière moi qui m’annoncent qu’on a, dans
la nuit, changé d’heure et que, comme ils m’lannoncent aussi : « En
octobre, on recule. En avril, on avance » (d’une heure). Drôlement malins,
les p’tits jeunes et j’leur explique que, vu mon âge, j’ai du mal à m’adapter
aux nouvelles techniques. Et ça, même si j’ai écrit un livre sur « Les
Grandes Inventions » chez Larousse. A propos, lorsqu’on a, assez
fatalement, un problème juridique avec eux, on cherche à le régler à
l’amiable ; mais eux, ils sont pas du tout aimables. Ils en rajoutent et
donc on est obligé de les taxer d’un million d’euros par chèque certifié. Et
alors, ils se font tout petits, comme leur Petit Larousse…
Dis-donc, Zazie, qu’est c’que tu
f’rais si t’avais un million d’euros ?
Z. : J’ferais une foire
d’enfer et j’emmènerais P (le Perroquet) pas’que dans le film sur la boxe, y a
un parott qui jacte et qui dit pis que pendre de l’acteur principal (qui est un
p’tit peu obèse) et qui est vachement furax à cause de c’que le parott dit de
lui. Donc, je pense que ça plairait bien à P.
P. : Merci, Zazie, j’te
revaudrai ça.
Z. : De rien, mon vieux
P. A propos, t’as remarqué que Trump a
été élu à la Présidence des Etats-Unis ? C’qui ya de curieux, c’est que le
verbe « to trump » utilisé au jeu de bridge, signifie « se
défausser ». On « trump » quand on se débarrasse en la jouant
d’une carte qu’on juge inutile dans son jeu, tout comme Donald Trump veut se
débarrasser de pratiquement tous les fonctionnaires US qu’il juge inutiles.
En allant plus loin dans l’analyse
du verbe « To trump », on peut aussi le traduire par « se
défouler ». Vu le personnage en question et ses déclarations, il est clair
qu’il veut laisser s’exprimer ses passions criminelles et se défouler
sur le peuple américain. Mon vieil ami américain, John (celui des T-shirts) me
l’a confirmé, en écrivant dans sa dernière lettre : « Trump veut
aussi utiliser ses pouvoirs, non pas pour améliorer le sort des Américains,
mais pour se venger de ses ennemis ». C’est du défoulement pur et simple
et je pense que Trump, outre le caractère mafieux de son personnage, est aussi
totalement parano - ce qui est le propre de tous les dictateurs.
Autre définition, assez
surprenante, du vocable « trump » est celle donnée par le Longman Dictionary of Contemporary English : « the last trump », soit
le son des trompettes résonnant à la fin des temps !
ACTE 2
On a eu la Guerre, on veut la Paix
Cette belle maxime émane de Snoopy
qui est sans cesse harcelé par un petit oiseau. Il ne trouve jamais le repos à
cause de lui ; alors qu’il veut juste se reposer tranquillement sur le
toit de sa niche.
Donc, dans ce deuxième Acte, il
sera question de guerre ; mais d’une guerre seulement, car il y en a eu
trop au siècle précédent et si on en parlait de toutes, on n’en finirait pas…
Donc, j’ai choisi la Deuxième
Guerre Mondiale.
MR. : Bien. Voilà. On va
commencer par le début. Donc, ya un mec qu’est né en 1889 à Braunau, en
Autriche. Un dénommé Adolf Hitler ; fils d’un douanier et orphelin de mère
dès 1907 – qui s’installe à Vienne et cherche, sans succès, à faire le peintre.
Z. : En fait, cher MR. Tout
ça c’est correct, mais t’es pas assez précis. En réalité, Adolf devait pas
d’appeler Hitler, mais
SCHIKELGRUBER .
C’est totalement sûr, pas’que
c’est John Toland qui le dit dans sa super biographie d’Adolf, et qui précise,
je le cite : « Vous imaginez la tronche des gens si, au lieu de dire
« Heil Hitler », ils avaient été obligés de dire « Heil
Schikelgruber » ? ça aurait changé la Face du Monde. C’est comme le
nez de Cléopâtre. En tous cas, Toland est une source sûre et son
« Hitler » a été traduit en français. Il a écrit son truc dans les
années 70 en interviewant tous les gens (pas moins de 350) qui avaient personnellement
connu Hitler, parfois autour d’un simple plat de spaghettis (il adorait la
bouffe italienne, donc incontestable).
MR. : Je suis l’auteur de
cette somme littéraire qu’est ma « Catastrophe dans l’ultra-violet ».
Donc, je peux intervenir quand je veux et réduire au silence ceux et celles qui
rouspètent.
Qu’est c’que tu veux ajouter,
Zazie ?
Z. : Oui, un truc.
J’comprends pas qu’on n’ait pas traduit son autre chef d’œuvre sur la Guerre du
Pacifique, le « Soleil Levant ».
Il a eu le boulot tout mâché puisque sa femme est japonaise. Un mec malin,
ce Toland…
MR. : Et qu’est c’qu’il en
pense, Tonton Gabriel ? Faut bien lui laisser a parole de temps à autre…
G. : Merci MR. Moi, c’qui
m’frappe dans son parcours, c’est pas le putsch manqué dans la taverne à bière
de Munich, en 1923. C’est pas son
« Mein Kampf », dicté à Rudolph Hess, après son internement dans la
forteresse, suite au putsch manqué. C’est le coup des « Longs
Couteaux », où il a massacré son soi-disant pote, Roehm, avec tous ses
escort boys (voir à ce sujet « Les Damnés » de Visconti avec son
p’tit ami Helmut Berger dans le rôle de l’impitoyable pédéraste S.S.)
Ce qu’y a, en fait, et c’qui a
vachement énervé Adolf, c’est que Roehm voulait mettre en place une dictature
hormosessuelle…
Z. : Oh, Putain ! Encore
une histoire d’hormosessuels ! On n’a pas fini d’en parler, G. ?
G. : Dis, Zazie, tu peux pas
tenir ta langue de temps à autre ?
Z. : Non, G ; et pis en
plus, j’m’en bats les c…
G. : Non, Zazie ! Ca
suffit maintenant !
Z. : Comme tu veux ,
mais j’nen pense pas moins.
G. : Dommage tout d’même
qu’Ernst Roehm ait loupé son coup. Ca aurait p’tête fait des millions de morts
en moins…
Z. : Je te trouve
optimiste », G.
G. : Ouais. Passons.
MR. : On en est où
maintenant ? A 38 avec l’Anschluss ? A l’invasion de la Pologne en
39 ? C’est-à-dire à l’invasion de nulle part, comme dit si bien Ubu, dans
l’ «Ubu Roi » d’Alfred Jarry ?
A l’invasion de la France par Guderian en 40 ? Au blitzkrieg avec
le maréchal Goëring ?
Z. : Moi, y a un truc qui
m’fascine et qui m’va droit au cœur quand j’y repense : c’est le tube
diabolique des Stones : « Sympathy for the Devil » (Soyons
sympas avec le Diable). Y a Mick Jagger qu’a écrit les paroles et la prochaine
fois que j’le croise, j’lui demanderai comment il a eu l’idée de
dire : « Moi, je conduisais un tank et j’avais le grade de
général quand le blitzkrieg faisait rage et les cadavres puaient. »
Visiblement, il fait référence à Guderian et à Goëring ; mais je m’demande
où il a puisé son inspiration, puisque tout l’reste du tube est d’la même eau.
G. : T’as raison, Zazie.
J’lai écouté et c’est fichtrement le meilleur tube des Stones.
Maintenant, j’pense que l’vrai
tournant dans la guerre, c’est pas le Débarquement en Normandie, en juin
44 ; c’est la bataille de
Stalingrad. Hitler n’a pas compris l’énorme baffe que Napoléon a pris lors de
la campagne de Russie. La Grande Armée (Putain ! Y a même une Avenue de la
Grande Armée à Paris !), ils sont partis à 500.000 ; mais c’est pas
comme dans le Cid de Corneille ( Nous
partîmes 300, mais nous nous vîmes 3 000 en arrivant au Port), c’est
exactement l’inverse pour l’ Ogre : ils partirent 500 000 et ils se
retrouvèrent à 50 000 en retournant sur le sol de France.
Maintenant, en ce qui concerne le
nombre de morts donné par l’URSS pour Word War Two
(20 000 000) ; ça
me paraît exagérément gonflé. Encore un coup de Staline et de la Nomenklatura.
2 à 3 millions me paraît un
chiffre plus juste. C’est évidemment c’que ne dit pas Google. Ils fixent eux
aussi les pertes à 20-21 millions. Le pire dans l’histoire, c’est c’que Staline
a dit à ce propos : « Un mort, ça
fait une pleine page dans la Pravda. Vingt millions de morts, c’est une
statistique ». Pas mal trouvé, question cynisme…
MR. : Bon, on en finit quand
avec ce truc ?
Z. : Attends une seconde, MR.
On en est au 2 février 1943, date de la reddition du généralissime nazi, Von
Paulus, et de sa Sixième Armée, suite à la bataille de Stalingrad. On peut
sauter la suite parce que tout le monde a vu « Le Jour le plus Long »
et «Paris brûle-t-il ». Et pis, sur
la fin de la Guerre du Pacifique, ya Toland ; et sur la bombe A, ya toi,
MR et ya aussi (et surtout) notre ami Richard Rhodes, « The Making of the
Atomic Bomb» n’est même pas encore traduit en français ; et ça, ça me
sidère. Alors, chers éditeurs, grouillez-vous de le faire.
MR. : Ouf ! On s’est
enfin sortis de cette horrible histoire ; mais je dois dire j’en ai pris
plein la tronche. Bon. Je crois que je vais m’en tenir là pour l’instant. Si je
me sens en forme, j’écrirai peut-être une suite à ces histoires, véritablement
catastrophiques.
Alors, en ce qui me concerne et pour vous rassurer,
je ne dirai que la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ; mais,
je dois me ménager un peu car j’ai une nette tendance à m’enflammer. C’est un
truc de famille, ça.
Via Victis
27-28 octobre 2024
TOME 2
Chapitre 1
L’Apocalypse selon Zazie
Acte 1
« EVERYBODY SHOULD GET STONED »
(Tout le monde devrait se défoncer)
Bob
Dylan – Blonde on Blonde
MR. Donc : Là, je ne sais pas
très bien où commencer parce que « se défoncer » est typique de
l’espèce humaine depuis les origines. Mais, dans le Tome 1, j’ai arrêté les dégâts à la débâcle de la
Sixième Armée nazie à Stalingrad le 2 février 1943. Reprenons donc à partir de
là, c’est-à-dire à partir de l’année 1943 (qui se révèle une véritable
Apocalypse pour la Wehrmacht et le début de la fin pour l’artiste complètement
raté, nommé Adolf Hitler). Le 19è siècle annonce déjà la couleur avec les
« Paradis artificiels» de
Charles Baudelaire (1857) et les « Portes
de la Perception » d’Aldous Huxley (publié un peu plus tard) ;
sans parler des Guerres de l’Opium entre la Grande-Bretagne et la Chine
(1839-1842 et 1856-1860). En plus, on oublie un peu vite que les cultures
sumériennes et européennes utilisaient l’opium comme narcotique, dès le 4è
millénaire avant Jésus-Christ.
Z. : Bon, MR. C’est très bien
ton laïus, mais j’vois pas l’rapport avec 1943.
MR. : L’rapport, ma chère
petite Zazie, c’est qu’en 1943 un chimiste nommé Albert Hoffman – qui avait
pour être vach’ment précis, synthétisé le LSD dès 1938 – se paie un trip en
1943 et s’aperçoit qu’il s’est complètement défoncé et que, je le cite :
« De temps en temps, je sentais que
je sortais de mon corps. Mon moi semblait suspendu quelque part dans l’espace,
où je voyais mon corps mort, allongé sur le sofa ».
Z. : Et alors ?
MR. : Et alors, ma
chérie ? Il se trouve que j’ai moi aussi fait un trip au LSD, en 1974,
lors d’une « party » : un type m’en a offert en disant que
c’était de « l’acid » ; ce qui n’était pas complètement faux,
car l’acronyme LSD vient du terme chimique « acide lysergique
diéthilyamide ».
Z. : Ouais, okay, mais me
m’bassine pas avec laïus scientifique. Déballe ton sac et annonce la couleur.
MR. : Ouais, ben, j’ai vécu
le même truc bizarre qu’Hoffman. J’ai fait un voyage en stop jusqu’à Key West
(un îlot au large de la Floride) avec une copine ; et un hippie nous a
pris et nous a logé dans son mobil home. Et dans la nuit, je me suis mis à
léviter comme un dingue et je voyais mon corps mort en bas du lit, tandis que
je planais dans l’espace éthéré… Donc, vach’ment flippant ce trip (sans doute
dû à un effet-retard du LSD, pris une semaine auparavant).
Mais, le plus dingue, c’est pas
ça.
Z. : C’est quoi alors, si
c‘est pas ça ?
MR. : Le plus dingue, c’est
que le LSD était légal aux USA
jusqu’en 1967 ! Tous mes potes, qui avaient entre 20 et 25 ans lors du
mouvement hippie, en prenaient tous les jours une dose ; et visiblement,
ça ne leur faisait strictement aucun mal. Tandis que moi, ça a complètement
bousillé mon psychisme (à propos, je ne sais pas où se trouve ce fameux
psychisme dans mon cerveau) ; et j’crois que tous mes problèmes médicaux ultérieurs, qui font
de moi un véritable psychotique, pire que Carl Jung, l’ancien pote de Fraude
(Sigmund), dont j’ai parlé dans le Tome 1. Bref, tous ces problèmes, ça vient
certainement de ce trip à « l’acid ».
Heureusement que, par volonté
divine, ça a été « bouté hors de mon cerveau », comme Jeanne d’Arc a
bouté les Anglais hors de France. Un vent dingue a traversé mon cerveau e 1983
et a balayé toutes les saloperies que la drogue y avait mises. J’ai raconté ça
dans mon autobiographie « Voyageur
sans bagages » - accessible
gratuitement en ligne, depuis ma page Wikipedia (taper « Michel
Rival » pour l’obtenir) et cliquer sur mon Blog (site Web). Un peu de pub,
ne peut pas faire de mal …
Bon, passons.
Z. : Non, non, non, on ne
passe pas. T’as pas tout raconté sur tes expériences avec la dope. T’oublies de
dire que tu te défonçais à l’herbe pratiquement tous les jours, de 1972 à 1974,
avant de prendre ton job de technicien de surface à l’AHEA (une Association
ringarde de soutien aux ménagères américaines).
MR. : Ouais, mais l’herbe
c’est pas si terrible. On commence à la ranger dans la catégorie des
narcotiques assez inoffensifs. En fait, c’est quand même assez flippant. Chaque
fois qu’on en prend, ça s’termine par un « bad trip » (un « mauvais
trip ») et on plonge dans un état dépressif assez grave.
Donc, à éliminer, au même titre
que le tabac, l’alcool, les jeux à gratter, les coucheries débilitantes, etc,
etc… On s’en porte mieux ainsi.
Acte 2
Où Zazie et le Corps Médical s’acharnent
à empêcher MR. de se lancer en politique
Le Corps Médical sus-nommé est désormais appelé CM.
CM. Dites donc, MR., avec la
quantité de médocs que vous prenez, vous voudriez en plus faire de la
politique ? Vous savez pas qu’on va vous dézinguer en mille milliards de
mille milliards de mille morceaux, avec le dossier médical que vous vous payez ?
MR. : C’est un risque.
J’assume.
CM. : Eagleton, Thomas Eagleton, ça vous dit
quelque chose ? Juillet 1972, ça vous rappelle quelque chose ?
MR. : Ouais. A l’époque je
fumais un joint par jour. Mais, ouais, je me souviens relativement bien de
cette histoire avec Eagleton.
CM. : Vous fatiguez pas. On
va vous rafraîchir la mémoire. Donc, Eagleton était candidat démocrate à la
vice-présidence des Etats-Unis sur le ticket de George Mc Govern.
Problème ! Les journalistes US s’intéressèrent à ce type, sénateur du Missouri,
totalement inconnu à cette date (mais il fallait un sudiste au nordiste Mc
Govern ; une tactique classique en politique américaine).
Donc, à leur grande stupéfaction,
ils apprennent qu’Eagleton s’est tapé de sévères problèmes nerveux quand il
était jeune et s’est vu administrer par deux fois un traitement aux
électrochocs ! Vous imaginez que cet homme qui est potentiellement à « one
heartbeat away from the Presidency » (« à un battement de cœur de la
Présidence » - et du feu nucléaire) n’a rien à faire, mais alors
véritablement rien à faire dans une
course à la Présidence, comme colistier du candidat démocrate.Sous la pression
de la presse et des grosses huiles démocrates, Mc Govern est obligé de virer
Eagleton de son ticket (31 juillet 1972). Vous me suivez, Rival ?
MR. : Ouais, vous zavez sans
doute raison. Mais j’vais contourner le problème : j’vais faire de la
géopolitique. La géopolitique, c’est chasse ouverte : c’est le plus fort
qui gagne (en fait, j’dirais plutôt, le plus malin). Est-ce qu’on demande leur
dossier médical à Henry Kissinger ou à Andrei Sakharov ? Non, on leur
refile à chacun un Prix Nobel de la Paix : Henry en 1973 ; Andrei en
1975. On refile un putain de Prix Nobel au théoricien de la guerre nucléaire
limitée (« limitée » ? mon cul !) et responsable de coups
d’Etat sanglants au Cambodge, Laos, Chili, Argentine, Brésil et j’en passe.
Quant à Andrei, il fabrique docilement, voire même servilement, la putain de
Bombe H pour son maître Dzhugashvili (à savoir Staline), entre 1948 et 1956.
Rien ne l’arrête, pas même la mort de son patron en 1953.
Un grand bravo au Comité Nobel
qui, toute honte bue, remet ce putain de Prix à d’immondes criminels !
Prochain Prix Nobel de la Paix à
décerner aux « scientifiques » de l’université de Harvard qui ont
inventé le Napalm – ce gaz gluant, qui colle à la peau, largement utilisé par
la glorieuse armée US lors de la guerre du Vietnam.
APOCALYPSE
NOW !
Au
secours, Jane Fonda ! Au secours
Jimmy Cliff !
Je vous envoie un télégramme.
ON PASSE A LA SUITE …
Chapitre
2
Années 60 : Démesure
Acte 1
Zazie au Pays des (soi-disantes) Merveilles
MR. :
« Démesure, il faut l’éteindre plus encore qu’incendie », disait
Héraclite au VIè siècle av. J-C.
Curieuse
prescience d’Héraclite à près de 26 siècles de distance, puisqu’il semble
parler de la démesure de ces nouveaux riches et de leurs villas à 110 millions
de dollars qui, à l’heure où j’écris (15 janvier 2025), flambent d’un feu qu’on
ne peut pas éteindre. Ces fameuses villas (non assurées contre l’incendie – les
compagnies d’assurances ne sont pas folles) qui, il y a encore quelques jours,
narguaient de leur morgue la pauvreté immonde du ghetto de Watts, plus loin en
contrebas. A Pacific Pallisades, tout n’est plus que cendres et
décombres ; on se croirait dans l’Ancien Testament, au chapitre Sodome et
Gomorrhe… La leçon, c’est qu’en toute
chose, il faut savoir garder le sens de la mesure, car voilà ce qu’il
advient de la démesure…
Acte 2
2001 : Odyssée de l’Espace
Z. : Oh, là, là. On va pas un
peu vite en besogne ? On est déjà en 2001 ?
MR. : C’est vrai qu’on est
arrivé en trombe dans le 21è siècle, mais c’est que, depuis les années
soixante, on est sorti de l’Optimum Climatique, comme dit l’historien Kyle
Harper, c’qui signifie qu’à partir des années 70, la période faste de l’Holocène
a cédé place au réchauffement climatique et aux économies de crise. Pour s’en
sortir, on avance à la vitesse de la tortue; ce qui est assez déprimant.
En même temps, la vitesse de la
tortue n’est pas nécessairement n’est pas nécessairement nulle. J’dis ça pasque
j’repense aux paradoxes de Zénon d’Elée, en particulier celui où Achille, même
s’il se déplace à fond la caisse, ne peut rattraper l’infime et minuscule
avance que la tortue a sur lui, car quand il a atteint la moitié de la distance
qui l’en sépare, eh bien, la tortue aura, de son côté, encore avancée d’une
nouvelle distance qu’Achille n’arrive pas à combler, sans que la tortue n’ait
avancé encore. Un véritable casse-tête, ce paradoxe. Depuis l’époque de Zénon
(Vè siècle av. J-C), mathématiciens et philosophes se penchent sur cette
histoire d’Achille et de la tortue. Socrate lui-même en est complètement
interloqué, au point qu’il part voir Zénon, qui vit à côté de Nikea (Nice). En
le voyant arriver, Zénon lui jette : « Socrate ! Tu t’intéresses
à mes bouffonneries !? »
En fait, l’équation est assez
simple. Il suffit d’admettre, comme Zénon, l’existence d’un Tout (le
« logos » des Grecs et « L’Un » de Zénon). Or un Tout ne peut être constitué de parties
divisibles à l’infini. Il existe un état de la matière (et, ici, du mouvement)
qui est indivisible, et cela se vérifie en physique avec la découverte des
particules élémentaires : quarks, mésons, pions, etc. sont l’état
ultime de la matière. Zénon
parle lui-même d’atomes , avant même la constitution de la physique
comme science.
J’t’ennuie peut-être, ma petite
Zazie ?
Z. : Non, c’est plutôt
intéressant, MR ; mais ça s’rait bien que tu rappelles un tric à propos de
Zénon : c’est que, dans la vie, il fut un héros et un révolutionnaire. Il
vivait dans une cité-Etat proche de Nikea (comme tu l’as dit plutôt) et il
voulait renverser, avec ses camarades, le tyran de la cité. Celui-ci le fit
arrêter et torturer sous ses yeux. Il exigeait que Zénon lui donne le nom de
ses complices. Zénon le fit approcher de son oreille et donna les noms de tous
les alliés du tyran. Cet abruti le crut et fit assassiner ses propres fidèles.
Dès lors, il n’avait plus aucune protection et fut renversé par les amis de
Zénon qui, malheureusement, mourut sous la torture.
MR. : Donc si je comprends
bien, Zazie, quoi qu’on fasse, on retombe dans la catastrophe ?
Z. Oui, sauf que là on n’est plus
dans l’ultra-violet, on est dans l’ultra-violence.
Donc, cher MR. il vaut peut-être
mieux arrêter les frais ici.
FIN
14-15 janvier 2025
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